Le casque ailé

Hier matin, mon fils de 5 ans n’avait qu’une idée en tête, son nouveau héros : Hermès. Pas la marque de maroquinerie… Le Dieu messager de la Grèce antique. Après lui avoir fait découvrir les mythes de l’Iliade et l’Odyssée à travers un magnifique livre intitulé Le feuilleton d’Ulysse, nous venons de débuter la suite (ou plutôt la préquelle, si on suit la temporalité mythologique) avec Le feuilleton d’Hermès.

casque ailé

Quand on est confiné, on se rend compte à quel point les enfants sont des éponges. A quel point certains sujets peuvent devenir de véritables obsessions. Résultat ? Sa mère a du lui fabriquer des ailes en papier pour les coller sur son casque de vélo. Il a également demandé à avoir une toge. Histoire de rester dans l’esprit Grèce antique. Ainsi accoutré, fin prêt, il s’est attelé au rôle que Zeus, Dieu des Dieux, avait confié à Hermès, accessoirement son fils : transmettre des messages.

Pour bien comprendre, mon épouse et moi télétravaillons tous deux, mais dans des pièces différentes de la maison. L’objectif est de maintenir un semblant de frontière entre nos métiers respectifs et la vie familiale. Inutile de vous préciser que les enfants s’attellent quotidiennement à abattre ces pseudo-démarcations. Ainsi, il allait et venait entre sa mère et moi, réclamant des messages à transmettre et apportant ceux qu’on lui avait transmis.

Il avait trouvé un nouveau prétexte pour s’immiscer dans nos espaces de travail. Et quel prétexte ! Un prétexte dont nous avons tous désespérément besoin en ce moment : communiquer.

Alors bien sur, il y a les réseaux sociaux et leurs dizaines de déclinaisons qui nous permettent heureusement de garder le contact. Mais là, c’est différent. Mon fils a endossé le rôle d’intermédiaire. Le rôle de celui ou celle qui sert de lien.

A l’heure, justement, où les liens qui nous relient sont uniquement technologiques, les contacts transmis au travers de matériaux purement inertes, il a réhabilité, dans notre maison, l’idée si romantique et si humaine du messager. Quant à y voir un clin d’œil à la vocation et au métier de son père, pourquoi pas. Cependant lui seul, s’il garde son casque et de ses sandales ailés, pourra le dire un jour !

 

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